Les schémas

La théorie des schémas : une structure cognitive pour organiser le monde d'apprentissage

Nos connaissances sont organisées en schémas qui nous aident à comprendre… et parfois nous trompent.

Introduction

La théorie des schémas est un concept central en psychologie cognitive qui vise à expliquer comment nous organisons et interprétons les informations que nous recevons.

Qu'est-ce qu'un schéma ?

Un schéma, c'est un peu comme un moule mental que nous utilisons pour comprendre et interagir avec le monde. Ce sont des structures cognitives qui contiennent des informations sur des objets, des événements, des personnes ou des situations. Ces schémas sont acquis à travers nos expériences et nos apprentissages.

Par exemple, le schéma « anniversaire » peut inclure des éléments comme : un gâteau, des bougies, des cadeaux, des invités, une fête, etc. Ce schéma nous permet d'anticiper ce qui va se passer lors d'un anniversaire et de nous y préparer mentalement.

Le rôle des schémas dans l'apprentissage

Les schémas jouent un rôle crucial dans l'apprentissage, car ils nous permettent de :

Organiser les informations : Les schémas nous aident à structurer les nouvelles informations et à les relier à nos connaissances existantes.

Interpréter les informations : Nous utilisons nos schémas pour donner un sens à ce que nous percevons. Par exemple, si nous voyons une personne en blouse blanche dans un hôpital, notre schéma « médecin » nous permet d'identifier cette personne et d'anticiper son rôle.

Prédire les événements : Les schémas nous aident à anticiper ce qui va se passer dans une situation donnée. Par exemple, si nous entrons dans un restaurant, notre schéma « restaurant » nous permet d'anticiper les différentes étapes du repas.

Les schémas et les biais cognitifs

Les schémas peuvent également être à l'origine de biais cognitifs. Ces biais sont des erreurs systématiques de jugement qui peuvent influencer notre perception de la réalité. Par exemple, si nous avons un schéma négatif sur une certaine catégorie de personnes, nous serons plus enclins à interpréter leurs comportements de manière négative.

La théorie des schémas et l'éducation

La théorie des schémas a de nombreuses implications pour l'éducation. En comprenant comment les schémas fonctionnent, les enseignants peuvent :

Activer les connaissances préalables : En commençant une leçon par une activité qui permet d'activer les schémas existants des apprenants, l'enseignant facilite la construction de nouveaux apprentissages.

Créer des situations d'apprentissage significatives : En proposant des activités qui permettent aux apprenants de mettre en relation les nouvelles informations avec leurs schémas existants, l'enseignant rend les apprentissages plus durables.

Développer la pensée critique : En encourageant les apprenants à remettre en question leurs schémas et à considérer d'autres perspectives, l'enseignant favorise le développement de leur pensée critique.

Résumé

La théorie des schémas est un outil précieux pour comprendre comment nous apprenons et interagissons avec le monde. En tant qu'enseignant, il est important de prendre en compte les schémas de nos apprenants pour concevoir des activités d'apprentissage efficaces et adaptées à leurs besoins.

Jeffrey Young

À ne pas confondre. La thérapie des schémas de Jeffrey Young (années 1990) est une psychothérapie des troubles de la personnalité. Elle utilise le mot « schéma » au sens de schémas émotionnels dysfonctionnels, ce qui est différent de la théorie cognitive des schémas présentée sur cette page.

Vidéo : la thérapie des schémas (Young).

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Les grands repères de la théorie des schémas

Bartlett (1932) : on se souvient en reconstruisant

Frederic Bartlett fait lire à des étudiants anglais un conte amérindien, « La guerre des fantômes ». En le racontant de mémoire, ils le transforment pour le faire entrer dans leurs propres cadres culturels. Conclusion : la mémoire ne copie pas, elle reconstruit à partir de schémas.

Piaget : assimiler et accommoder

Pour Jean Piaget, l'enfant intègre une situation nouvelle dans un schéma existant (assimilation) ou modifie ce schéma quand il ne suffit plus (accommodation). L'apprentissage avance par ces rééquilibrages successifs.

Rumelhart (1980) : les schémas, briques de la cognition

David Rumelhart décrit les schémas comme des structures de connaissances organisées, avec des « cases » que l'on remplit par défaut. Dire « restaurant » active aussitôt menu, serveur, addition. C'est ce qui permet de comprendre vite un texte… ou de se tromper vite.

En classe : rendre les schémas visibles

Activer les connaissances antérieures avant une leçon, faire construire des cartes conceptuelles (Novak), confronter les conceptions erronées à des contre-exemples, puis faire réorganiser les connaissances.